delphinéa au groenland

Voyage en voilier hauturier : Lorient, Ecosse, Féroé, Islande, Groenland, Labrador, Québec.

30 mai 2008

suite irlandde ecosse

Il est quatre heures et demie, nous quittons Arklow, nous sommes le lundi 19 mai, en retard déjà de plus de deux semaines sur notre programme initial. Edith à la manœuvre, Pierre pour vérifier et moi pour tout ranger. Nous sortons par le fameux chenal qui nous avait tant inquiété en arrivant, nous remarquons que la balise verte n’a pas été réparée.  Le jour commence à pointer le bout de son nez, les oiseaux vocalisent déjà, un peu timidement, tous ne sont pas encore réveillés, cette journée s’annonce belle et douce. Le vent de Sud attendu n’est pas là. Dans le port un léger courant d’air de Nord, j’espère vivement qu’il ne s’agit que du vent de terre, le thermique de la nuit. Enfin nous sommes partis quand même, nous verrons bien en mer. Mais il nous faut du Sud. Maintenant on ne discute plus, cap sur l’île de Man ou nous prévoyons aller mouiller à Port Erin après une navigation de 90 miles. Nous imaginons être arrivés pour minuit. Difficile cette navigation. Il faut jouer avec les courants. Au départ courant défavorable, mais faible dans le pif, puis favorable pendant six heures, puis peut-être un peu défavorable pendant une heure, puis à nouveau favorable, pour se terminer par deux nœuds sur le travers deux heures avant l’arrivée. La mer d’Irlande, une vraie peste. La mer d’Irlande c’est l’espace entre Dublin, Liverpool et Belfast. Très fermé. Elle se remplit et se vide par les détroits de ses deux extrémités. Si un jour j’ai à refaire ce type de parcours, je passerais par l’Ouest de l’Irlande !!!

Port Erin est atteint avant la nuit, nous avons bien marché. Nous sommes à mi-marée, nous ne connaissons pas le marnage, la seule info dont nous disposons, est le marnage sur la côte Est de l’île, de l’ordre de 1 mètre. Ridicule. Pierre nous suggère de mouiller assez près de la plage, je refuse car ne connaissant pas le coin, je préfère être prudent et nous mouillons par cinq mètres de fond. Bien m’en a pris, car le marnage de ce côté de l’île est de plus de quatre mètres. En écoutant Pierre nous aurions échoué. Nous sommes fatigués, nous ne traînons pas pour aller au lit. 

Le matin du lendemain, nous allons faire un tour à terre. Nous découvrons un village très artificiel qui se lance dans le tourisme avec immeubles modernes serrés autour de la plage. On jette un coup d’œil sur la baie, et on aperçoit un bateau derrière Delphinéa. Tiens un nouvel arrivant. Pourquoi pas, rien de surprenant. Mais Bonnie devrait être à côté de nous, mais c’est Bonnie, mais ce sont les secours avec leur canot orange qui se dépêchent à côté de Bonnie, mais ce sont Michel et Guy qui pagayent comme des dératés pour rejoindre leur bateau. Avec l’aide des secours, ils ont réussi à crocher une bouée et sont maintenant bien amarrés. Michel n’a quand même pas eu de pot, quand il a balancé son ancre, ce dût être juste devant une grosse algue, que la force du vent en tirant sur la chaîne a dû déraciner.  Après l’ancre ne croche plus. Beaucoup de frayeur. Quand même un peu de chance, car le vent était dans le bon sens. Dans un autre cas de figure, elle aurait pu se retrouver sur les rochers. L’incident étant clos, nous faisons une ballade l’après midi, un vieux phare sur une pointe, un chemin en haut d’une falaise, un paysage qui nous fait penser à l’Ecosse. Agréable, serein. Le lendemain, le vent nous paressant un peu trop musclé pour nous, nous décidons de prendre le train de tourisme pour aller à la capitale, Douglas. Ce train un petit bijou. Une mécanique du début du siècle passé, soigneusement entretenue, qui faisait des pointes à 40 kilomètres/heure en crachant toute sa vapeur chauffée par une chaudière à charbon qui pue. Enfin c’est poétique quand même. Nous faisons une escale à Castletown, l’ancienne capitale, pour visiter son château. Déception, ce ne fût qu’une prison avec quelques pièces pour le seigneur local. On reprend le train suivant vers Douglas, pareil, relativement déçus, pas d’âme dans cette ville, tout du récent. Nous avons deux heures pour faire notre petit tour, largement suffisant. Chacun part de son côté, Pierre et Michel au pub, Guy avec son appareil photo, Edith et moi à marcher dans la ville. Nous sommes les premiers à arriver au point de rendez-vous, à la gare pour le dernier train. Oh surprise, le dernier train était une heure avant !!! Nous voilà gros Jean comme devant. Pas d’affolement, on se renseigne sur les bus. Impeccable, il y en a toute les demies heures, c’est la ligne numéro 1. Oui, mais nous avons pris un aller-retour, nous serons obligés de repayer le retour par le bus. Ne vous inquiétez pas, je vais négocier avec le chauffeur. En effet, en montant, le chauffeur a vite compris qu’il devrait passer un long moment pour me faire payer le bus, et il nous a gentiment laissé monter sans payer. Sympa le mec. D’une manière générale, ces indigènes sont vraiment gentils.

Le lendemain à midi nous levons l’ancre pour Belfast afin de bénéficier des courants. Le calcul s’est avéré exact , nous avons eu juste du courant dans le pif à la fin, mais quels remous, nous dansions sur l’eau, tout tombait à l’intérieur du bateau, dans les équipets, nous retrouverons deux verres cassés.

Arrivés à Belfast sans problème, une grande ville sans beaucoup d’intérêt, du moderne, des chauffards, un lieu de rendez-vous louches ou illicites. Nous sommes en ce moment en mer, nous avons quitté Belfast vers midi toujours pour bénéficier des courants, effectivement ils sont très porteurs, nous cherchons à rejoindre un petit mouillage au Nord de la côte Est de l’Irlande,Red Bay, avant de traverser vers l’île d’Islay, en Ecosse. Les spécialistes connaissent très bien la spécialité d’Islay, le whisky très tourbé. Nous pensions qu’il s’agissait d’un bon abri. Que nenni !! Une houle s’est mise à entrer là dedans, infernal. Les bateaux se sont mis naturellement face au vent de Sud-est, mais la houle nous arrivait du Nord-est, presque sur notre travers. Impossible de dormir, impossible de bénéficier d’une nuit calme. Alors nous décidons de partir vers minuit, à la marée précédente. Cela aura pour avantage de nous faire arriver de jour à Islay, et tant qu’à ne pas dormir autant avancer. Edith sort son bouquin de cuisine pour nous faire une pâtisserie. Pierre se met à le feuilleter, et nous lit les avant-propos de ce livre et je cite textuellement :

C’est un devoir de la femme dans toutes les conditions sociales de s’occuper de son foyer. 

Surveiller le travail ménager exécuté sous ses ordres ou le faire seule; expliquer les diverses préparations culinaires qui composent un repas ou les mener à bien elle-même, telles sont les préoccupations actuelles de chaque femme.

Alors maintenant, les filles qu’est-ce que vous attendez pour appliquer ces grands principes. Ah, oui j’oubliais de spécifier le bouquin : « je sais cuisiner par Ginette Mathiot ». Edition de 1932 !!!

L Ecosse - Islay

Nous sommes maintenant mouillés au fond du loch Indaal, devant la distillerie de Blowmore. Toute la nuit j’ai rêvé de douceurs blondes coulant lentement dans ma gorge assoiffée et gourmande, mes papilles se mettent à évoquer des danses douces et langoureuses. Ma tête pense aux grains d’orge, ma langue se rappelle le goût fort et suave à la fois de la tourbe, ma main imagine la prise du verre bien rempli. Mais la distillerie est à plus de cinq cent mètres, le vent s’est levé assez fort, une trentaine de nœuds, et je crains fort que nous ne prenions pas le risque de mettre l’annexe à l’eau pour aller à terre. De toute façon, nous sommes aujourd’hui dimanche, et elle est fermée. J’oubliais quand même de dire que nous sommes sous un soleil éclatant, l’Ecosse sous cette lumière froide du Nord, c’est incomparable de beauté et de contraste. Toutefois j’avoue bien humblement que la température n’est pas la même qu’aux Antilles. Alors qu’allons nous faire aujourd’hui ? Nous sommes pratiquement condamnés à rester à bord et admirer la distillerie de loin. Edith nous fera sans doute du pain, nous en manquons, Pierre et moi nous bouquinerons un peu, peut-être trouverons nous le temps de préparer une excursion, la suite du voyage. De toute façon, à un moment donné, nous referons le monde. Eh bien non, nous avons pu aller à terre, nous avons été voir la distillerie qui n’était pas fermée, mais nous avons dû prendre rendez-vous le lendemain onze heures pour la visite. Un petit tour dans les parages, et comme d’habitude, nous cherchons Pierre et Michel au moment de repartir. Les connaissants bien, nous ouvrons la porte de tous les pubs, il y en a deux, et les trouvons attablés devant deux énormes chopes de bière. Une fois rentrés au bateau, nous avons mangé le cake aux poires préparé par petite Edith dans le roulis infernal, nous n’avons pas refait le monde, Edith a fait son pain, il est bon.

Aujourd’hui lundi onze heures, nous visitons la distillerie. Alors le whisky c’est fait comment, me direz-vous. D’abord de l’orge, des grains d’orge récoltés dans la partie Est de l’Ecosse. Tous ces grains sont longuement séchés ici, fréquemment manipulés afin de bien les aérer. Ensuite toute une couche de grains, huit tonnes, est étalée sur une sorte de tamis, sous lequel brûle de la tourbe. C’est la fumée qui lui donne ce goût si particulier. Le grain est ensuite broyé dans des machines calibrées permettant de casser l’écorce du grain sans écraser son contenu. Les résidus sont utilisés pour faire de la bière, la partie noble fermentera dans des cuves brassées. Puis la dernière phase consiste à distiller cette pâte dans un alambic, alors le whisky sort incolore et est stocké pour vieillir dans des fûts de chêne et d’érable qui lui donnent sa couleur et concentrent ses parfums. Un peu d’arithmétique : 8 tonnes d’orge + 120 tonnes d’eau + de la tourbe (désolé j’ai oublié la quantité, je me souviens seulement qu’ici on en consomme 2 tonnes par semaine) un peu de connaissance et d’expérience donnent 5 tonnes de whisky.

Après cette fantastique leçon de whisky, nous cassons une tite croûte dans un resto, pas terrible. Puis après avoir traîné un peu aux alentours nous rentrons avec l’annexe.  Arrivé à bord, nous regardons derrière nous, afin de voir où en sont Michel et Guy, personne. Pourtant ils sont partis en même temps que nous !! Sans doute ont-ils changé d’idée et ont-ils voulu se prendre une derrière chope de bière avant de rentrer. Au bout de deux heures, nous commençons à nous poser d’autres questions à leur sujet. Inquiets. Puis nous voyons apparaître un petit bateau moteur traînant leur annexe. Mais que s’est-il donc passé ? Au moment de partir leur moteur s’est étouffé, puis plus rien. Pas d’outil sur eux pour démonter, ouvrir, souffler, essuyer. Alors ils ont vu une petite fille sur un petit bateau, qui a bien voulu les emmener voir son Papa. Un écossais charmant qui les a aidé à tout, ou presque, démonter. Rien n’y a fait. Alors ce bon James les a remorqués jusqu’à Bonnie. Finalement le lendemain matin, démontage plus complet, résultat : des saletés dans le carburateur. Ouf, pas grave. Un peu de repos pour eux avant de repartir à terre. Pendant ce temps le vent se lève assez fort, quand ils remontent sur le pont, l’annexe est à l’envers avec le moteur dans l’eau. Et on recommence à tout démonter pour sécher et essuyer !!!! Sacré Bonnie va. Le lendemain ils vont remercier James qui n’avait rien voulu accepter comme dédommagement. La conversation s’engage. Il s’avère que James travaille dans une distillerie, pas ici mais à Port Ellen.

Pendant tout ce temps là, Edith, Pierre et moi, prenons le bus pour aller à une extrémité de l’île voir Port Charlotte. Pas beaucoup d’intérêt, mignonnet, sans plus. Nous attendons le bus pour aller jusqu’à Portnahaven. Une dame nous propose de nous emmener dans sa voiture, nous faisons la causette, mais c’est difficile, l’écossais n’est pas tout à fait l’Anglais, et même si … Cette dame semble connaître absolument tout le monde ici, car, à chaque fois qu’elle croise une voiture, elle fait un geste amicale de la main. Question bien sûr. Réponse, non, non, c’est une habitude ici, tout le monde se salue. Là nous découvrons une petite baie bien abritée deux trois bateaux, chacun sur sa bouée. Nous voyons des bouées inutilisées, mais elles bougent, elles se déplacent, mais ce sont les museaux des phoques. Des gros phoques, on en voit deux qui se disent des amabilités, énormes ces phoques. Edith et moi allons nous promener dans la nature, nous rencontrons un Monsieur avec son chien. Une petite conversation. Sympa. Puis c’est l’heure du retour. Bus, puis annexe. Mais c’est que pendant la journée, le vent s’est levé, c’est un peu trop pour l’annexe qui se trouve à 1000 mètres du bateau…. Dans une première tentative nous embarquons 20 litres d’eau en moins de cinq minutes, alors demi tour. Nous remontons trempés. Un petit tour au cybercafé, puis deuxième tentative. Les vagues sont moins fortes, le vent a baissé, nous arrivons à petite vitesse jusqu’à Delphinéa, mais trempés quand même.

Nous sommes mercredi, le dernier mercredi de mai, la météo est calme, nous pensons partir pour Port Ellen. Bonnie a un problème avec son moteur que personne n’arrive à identifier clairement. Nous nous mettons à couple et c’est Delphinéa avec son Babar qui emmène tout le monde. C’est Pierre qui prend la manœuvre en main. Nous arrivons sans encombre à Port Ellen sous la flotte, le rendez-vous est pris avec le mécano du cru. Nous en aurons au moins pour deux jours. Puis le lendemain grand beau. Edith et moi allons nous promener dans la campagne, nous escaladons quelques collines. Une nature sauvage, un sol tourbeux, doux à marcher, parfois même un peu trop, je me suis trouvé à un moment donné enfoncé presque jusqu’au genou. Un peu plus tard ce fût le tour d’Edith. Des daims, des chevreuils en nombre, en toute liberté. On respire, on vit, on s’imprègne de cette liberté. Un pré rempli de linaigrettes, des fleurs qui ressemblent à du coton, douces blanches aérées, légères. En redescendant nous croisons plein de chardons. Ah oui le chardon, le symbole de l’Ecosse. Fort le chardon, on ne s’en débarrasse pas comme on veut. Agressif le chardon, quand on s’en approche sans y être invité, mais si douce est sa fleur, qu’il vaut mieux ne pas essayer de la cueillir. Tout un symbole cette fleur, cette robuste plante.

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c est edith. elle a chaud

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Delphinea au pres

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1 dodoche sur l ile de Man

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l ile de Man

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les deux bateaux au mouillage

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un passager clandestin

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le petit train

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portnahaven

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Edith a rencontre des copains

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remorquage de bonnie

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port de l ile de Man

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recuperation de bonnie par les sauveteurs

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un ancien phare sur l ile de Man

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sans commentaire

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le meme phare que tout a l heure

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on se prepare a monter dans le train

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le train est maintenant la

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scene dans le chateau de Castletown

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la distillerie de bowmore

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la plage de bowmore

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l annexe de bonnie ramenee par James

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portnahaven

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les phoques se causent

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port ellen

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les daims

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encore sans commentaire

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16 mai 2008

suite

Jersey

C’est le temps de partir pour Jersey, histoire de faire plaisir à Anne et Charles. La traversée est sans incident, la routine du quotidien s’installe à bord. Nous arrivons à Jersey, des cailloux partout, un peu de slalom et nous arrivons un peu après Bonnie qui était parti une heure avant nous, mais que nous n’avons pas franchement rattrapé. Premier contact avec l’Angleterre. Quelques uns bredouillent un peu le français, c’était pourtant la langue officielle du pays jusqu’en 1960. Visites sur l’île, nous empruntons des bus, les routes sont étroites, ça passe, mais c’est vraiment juste. Charles arrive à faire parler un chauffeur de son pays, et dans la conversation, crack, l’arrière du bus touche quelque chose dans un virage. Pas grave, on continue. Mais comme c’est curieux cette conduite à gauche, vraiment perturbant pour nous autres. Un soir Anne se met à la tambouille, des pâtes avec une sauce qu’elle vient d’inventer, un assaisonnement à base d’un tube jaune sur lequel on voit des épices rouges. La moitié du tube qu’elle a mis. C’était de l’harissa !!! Tout le monde a mangé quand même, malgré les gouttes de sueur qui commençaient à perler sur les fronts. Moi, Jean, je me suis contenté de manger du fromage !!

Et puis, un incident, ce sont des choses qui arrivent au cours des voyages, Anne et Charles décident, pour des raisons personnelles, de repartir. Nous les ramenons à Saint-Quay-Portrieux. Nous y arrivons au milieu de la nuit, le lendemain matin Patricia nous rejoint ça aide bien pour le transport de leurs affaires, nos Québécois sont repartis, nous restons jusqu’à la fin de journée pour larguer les amarres et cap sur les Scilly, 160 miles que nous atteindrons le lendemain dans l’après-midi. Nous y retrouvons Bonnie. Bon vent, bonne mer, bonne utilisation des courants. En arrivant, je remonte au dernier moment la ligne que j’avais oubliée. Et, oh surprise, un magnifique lieu jaune a voulu manger le leurre. C’est nous qui l’avons mangé en invitant Guy et Pierre. C’est juste pour vous dire sa taille.

Scilly

Alors les Scilly. Visites, personne ne parle le français ici, même à l’office du tourisme !! Les routes sont aussi étroites qu’à Jersey, et les anglais circulent toujours à gauche. Très agréable cette île de Sainte Mary. Bien plus doux et authentique que Jersey. Nous passons quand même une bonne après-midi à recaler le pilote dont les points d’attache avaient pris pas mal de jeu. Maintenant il est temps de repartir, la météo n’est pas particulièrement favorable, mais elle va le devenir. Alors cap sur Dublin que nous espérons toucher demain en début de nuit.

Irlande

Bonnie nous signale avoir vu son premier phoque. Nous avons beau scruter, rien n’apparaît à nos yeux gourmands de sensations. C’est l’heure de manger, nous sommes toujours sous la brise Elf ou Total. Un petit oiseau vient se reposer sur le pont. Son ventre est blanc, sa tête et ses ailes sont noires. On dirait une hirondelle. Mais c’est une hirondelle, enfin peut-être un martinet. En tout cas c’est celui qui a la queue plate et sans plastron brun. Mais que vient-elle faire ici, toute seule, en pleine mer, car nous sommes à plus de trente miles de la côte la plus proche. Sans doute s’est-elle perdue, mais est-ce bien possible ? Elle nous a accompagné un quart d’heure puis s’est envolée pendant que nous prenions notre repas, des pâtes à la carbonara. Eh oui, cela rappelle des souvenirs n’est-ce pas ?

Je quitte mes amis pour une petite sieste, ils sont grands, ils se débrouillent avec Delphinéa. A mon réveil une bande de dauphins, des gros, plus de deux mètres, viennent jouer autour du bateau. Certains ont le ventre blanc, d’autres plutôt jaune. Et puis Edith me raconte ce qui s’est passé pendant mon sommeil. La petite hirondelle de tout à l’heure ne s’était absolument pas envolée, mais avait trouvé refuge ailleurs. A un moment donné Edith, qui s’est allongé sur le pont arrière pour profiter du soleil, a senti quelque chose dans ses cheveux. Je vous le donne en mille, l’hirondelle. Pas farouche du tout, elle la prend dans sa main. Edith arrive à lui donner à boire en lui présentant une petite gamelle.  Je ne sais pas laquelle des deux était la plus émue, la plus heureuse. Après la séquence des dauphins, j’entends sur ma VHF « Delphinéa, Delphinéa de Bonnie ». C’est Michel qui m’appelle pour me faire part de ses rencontres en mer. Les dauphins et chose plus curieuse, l’hirondelle. Etait-ce la même ? Etait-ce une autre ? On philosophe un peu sur les plaisirs de la mer, des voyages.

A nouveau des dauphins, l            a même espèce que précédemment. Cette  fois nous ne faisons pas de photo, nous nous contentons de les admirer. L’eau glisse le long de leur corps parfaitement lisse, certains se tournent un peu sur le côté pour, nous semble-t-il, nous observer et leur œil rieur semble nous saluer. La nuit arrive, Edith et Pierre préparent le repas pendant que je bulle. Ce soir ce sera un couscous et c’est moi qui serai de vaisselle. Edith prend le premier quart, Pierre la remplace, le vent se lève en plein sur notre travers tribord, nous pouvons mettre les voiles. Oh surprise nous filons plus de six nœuds, presque sept. Attention nous ne devons pas semer Bonnie, elle n’arrivera pas à suivre. Nous roulons donc un quart du génois. La nuit se passe doucement, nous devons changer de route et remonter plus au vent, nous sommes alors au près serré. Le quart du petit jour est pour moi, je remplace Pierre. Une nouvelle bande de dauphins vient nous dire bonjour et nous souhaiter bonne mer. Ce sont des petits cette fois-ci. Ils ne restent pas longtemps, juste un petit coucou et ils sont repartis.

Le près est de plus en plus serré, Delphinéa commence à refuser, nous affalons les voiles. Le vent forcit, la mer grossit, le courant est défavorable, nous filons 1 à 2 nœuds avec Babar à 1700 tours. La météo que nous avions prévue devenir favorable ne l’est jamais devenue. Un caprice de plus de cette grande dame. La mer est hachée, les vagues sont ultra courtes, oh certes pas bien hautes, mais très abruptes et croisées dans tous les sens. La Méditerranée est un régal de navigation à côté de cela. Du coup après une longue conversation par VHF avec Michel, nous décidons de piquer sur Arklow, à trente miles au Sud de Dublin. Entrée de port assez épique, le rouge fonctionne, mais pas le vert !!! C’est la nuit, Pierre est à la barre, nous pénétrons dans un « couloir » noir entre deux hautes digues noires et arquées à droite ne nous laissant rien voir bien loin devant. La marée nous pousse, elle est basse et montante. La sonde donne deux mètres cinquante, il fait être bien sûr que nous sommes au bon endroit !!! Rien ne nous le laisse supposer, quand soudain, à la lumière du projecteur, nous voyons écrit sur la digue à notre tribord : MARINA en rouge avec une belle flèche dans le sens où nous allons. Soulagement. J’ai bien fait d’insister, car Pierre ne voulait pas entrer là. Amarrage à couple d’une bassine à Béquet. Le reste de la nuit nous écrasons notre oreiller tant attendu. Premier contact avec l’Irlande, sous le soleil éclatant, et le vent défavorable. Rencontre dans la matinée avec Miranda et John, un couple d’Anglais marin, parlant parfaitement le Français, qui descendent vers le Sud de l’Irlande. Nous sympathisons tant et si bien que nous nous retrouvons le soir à bord de Delphinéa pour partager un petit repas, saucisses de Morteau arrosées de Maranges 2.000, et surtout pour parler de tout, refaire le monde, parler de projets. Il n’est pas impossible que nous nous retrouvions aux Féroés, ils y seront fin juillet, normalement nous devrions être déjà en Islande à cette époque, mais sait-on jamais. A l’instant nous sommes le matin du jeudi 15 mai et nous attendons Guy, parti chercher une auto de location. Nous envisageons de rester 3 jours et sillonner un peu le pays.

Mon dieu que les routes sont étroites, mon dieu que c’est curieux cette circulation à gauche !! Enfin nous faisons avec, comme on dit. Visite bien agréable de la campagne Irlandaise. Bien vert, plein d’ajoncs jaunes dorés pour illuminer le paysage, des murs de pierres sèches pour faire ressortir tous les mariages de couleur et le ciel d’un bleu sans tache, eh oui. Dans les prés beaucoup de moutons, parfois quelques vaches. Nous n’avons pas vu, au moins pas encore, une seule culture. Des ruisseaux, ils appellent cela des « river » ici, courant entre les cailloux, bordés toujours de ces ajoncs au jaune flashant. Nous visitons quelques vieilles pierres du comté de Wicklow comme l’abbaye de Baltinglass. Sinistre, froid, non glacial même avec ces tombes ornées de croix gaéliques, mais respectable.

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30 avril 2008

modif

Pierre m’a dit avec, sa délicatesse habituelle, que j’avais été trop bref dans mon précédent message. Alors je corrige et j’en ajoute un petit peu. Donc ce message annule et remplace le précédent. Les photos elles restent, mais je vais en ajouter quelques unes.

Pourquoi

C'était un mardi. Mon ami Charles était arrivé à Lorient à bord de son Carrick, un brise de mer 28. Une formidable équipée, un Papa et ses deux filles. Au cours de son escale un pari stupide que j'ai perdu. L'enjeu était alors d'aller lui rendre visite au Québec !!! Nous étions alors en automne 2004.

Nous sommes maintenant au printemps 2.008, l'eau a coulé sous les ponts, le projet est prêt, Michel à bord de Bonnie, un Dufour 30, nous accompagnera. A son bord nous retrouverons Guy, un ami de Charles que j'avais aussi déjà rencontré dans un autre contexte. Charles et Anne, Guy et Lucie sont arrivés du Québec et prêts à embarquer. Un plaisir de se retrouver, de parler du passé, de l'avenir, de notre croisière qui s'annonce chaleureuse. Charles et Anne font connaissance d’Edith, à moins que ce ne soit l’inverse. Nous attendons maintenant le signal du dieu Eole. Encore quelques préparatifs de dernière minute.

L’équipage, il faut peut-être en parler un peu. Edith, ma compagne préférée, qui jusqu’à présent rêvait plutôt de navigations dans les eaux chaudes, Charles un marin de grande expérience qui a déjà fait ce type de parcours, Anne sa compagne qui malheureusement nous quittera fin mai, Pierre un marin dans l’âme, un breton, qui m’a beaucoup aidé dans la préparation de Delphinéa, mais qui nous quittera peut-être en Islande et moi-même, un marin d’opérette.

Départ

Nous sommes samedi, oh, il n’est pas très tôt, mais ça y est, nous sommes partis. Quelques amis étaient là pour nous larguer la dernière amarre. Heureux certes, mais tout de même un petit pincement au cœur. Nous ne reverrons tous ces amis que dans six mois au moins. Nous sommes dans le chenal de sortie de la baie de Lorient, la citadelle de Port-Louis est doublée, le stress du départ commence à s’évacuer. Pierre à la barre, il discute très fort avec Charles, nous sommes en route vers notre grande aventure. Bonnie n’est pas loin de nous.

La côte française

Belle navigation, belle mer, beau soleil, quelle chance, merveilleux. La première étape se termine nous nous amarrons à Sainte Marine, en face de Bénodet, juste devant la recouvrance, la copie d’un bateau de corsaire ancien, une rangée de sabords sur chaque bord. Nous attendons Michel à bord de Bonnie. Le voilà qui arrive, bien reconnaissable avec son grand pavillon du Tibet. Il se met à couple. Passaient par là un certain Loïc et une certaine Dominique. Intrigués par le pavillon de Michel la conversation s’engage, puis on parle de tout, du voyage, du whisky, une rencontre qu’on qualifiera de rare. Loïc et Dominique des personnes hors du commun, curieux de tout, intéressés par rencontrer des voyageurs de la mer. Jamais Pierre n’a pas cru le message que je lui ai passé : «  nous sommes invités à l’apéritif ». Bêtement il a rempli la casserole bouillante avec les pâtes. Mais devant mon insistance, il a quand même arrêté le gaz et nous nous sommes tous retrouvés chez Loïc et Dominique. Loïc raconte qu’il connaît bien l’Ecosse et appartient à une association Franco-Ecossaise. Alors il nous fait déguster plusieurs whiskies différents. Tu sens, celui-là est moins tourbé, celui-ci est plus fin, mais lequel préfères-tu ? Edith et moi avons préféré le plus tourbé, ce n’est pas l’avis de Pierre. Oh, vous n’allez pas repartir comme ça quand même, vous partagerez bien notre repas. On se pointe à sept chez quelqu’un qu’on ne connaissait pas il y a un quart d’heure, le courant passe, la gêne n’existe déjà plus.  Quand nous les avons quittés pour rejoindre notre bord il était bien deux heures du matin !! C’est dans ces moments là qu’on apprécie de faire une escale. Les liens se nouent, la toile se tisse, nous avons de nouveaux amis. Le lendemain Loïc et Dominique jouent les chauffeurs et guides touristiques pour nos Québécois.

Et puis nous repartons après deux ou trois jours. Prochaine escale Camaret. Non je ne ferais pas la plaisanterie douteuse que tout le monde attend. Pat vient nous voir, sympa, surtout pour Pierre. Nous restons deux jours à visiter, et nous prenons conscience de la folie humaine de la dernière guerre. Des bunkers, une bardée de bunkers devenus aujourd’hui inutiles, mais témoins d’un passé qui n’a pas été glorieux pour l’humanité. Patricia et Pierre emmènent nos Québécois à Locronan, Michel nous accompagne dans une promenade à pieds. Au détour d’un chemin, nous rencontrons une vieille dame devant la grille de sa maison, située dans un petit hameau de trois ou quatre autres maisons, où une dizaine de chats paressaient langoureusement. Elle nous parle du passé, sous un aspect rétrograde elle aborde les mathématiques de son époque et nous n’arrivons pas à arrêter son discours. Pendant ce temps, deux de ses chats profitent du printemps. Mon dieu qu’ils s’y prennent mal ! Sans doute le mâle était-il très jeune. Maintenant pour retourner à Camaret, c’est tout simple, il suffit de continuer le chemin là tout droit. On lui aurait bien donné 75 à 80 ans, elle en a 66 !! La vie l’a durement marquée. En arrivant au port, nous nous asseyons à une terrasse de café pour boire une saloperie. A une table voisine s’assied un couple. Lui, dit une connerie à Edith, mais comme c’est curieux ce visage ressemble étrangement à Hervé, un pilote de remorqueur dont Charles a fait la connaissance au cours de son escale à Lorient en 2.004. Le hasard a fait que nous nous sommes rencontrés à nouveau chez Acastimer où chacun faisait quelques emplettes, puis à nouveau une heure après dans un autre magasin du genre. Non ce n’est pas lui, il m’aurait reconnu !! Puis en repassant pour la troisième fois devant sa table de bistrot, je lui demande si par hasard il n’est pas Hervé. Mais si bien sûr, et il avait les mêmes doutes, la même incertitude. Inutile de dire que tout cela s’est terminé à bord de Delphinéa pour partager le même repas du soir. Cela nous a permis de faire connaissance de sa petite Marie. Quelle est mignonne cette petite Marie, une fille de Camaret ….

Nous faisons route maintenant vers l’Aber Wrac’h. Nous faisons des photos de Bonnie, nous sommes bord à bord, Guy fait des photos de Delphinéa, jamais je n’ai eu d’aussi belles photos, originales, un coup de patte extraordinaire ce Guy. Et puis au milieu de la baie de Brest, on aperçoit une balise, noire. Mais qu’est-ce que c’est cette balise ? Elle n’est pas sur les cartes !! Mais elle bouge cette balise !! Mais c’est la tourelle d’un sous-marin cette balise, crème d’idiot !! Un peu sinistre quand même. Nous bénéficions d’un courant favorable, jusqu’à au-delà de l’île de Béniguet ? Ce fût tout l’art du calcul de l’heure de départ.

Nous arrivons sans incident à l’Aber Wrac’h. Petite promenade le soir, chacun de son côté.  Puis navigation de nuit pour rejoindre Saint-Quay-Portrieux. Petite balade en ville, on rencontre un rallye de vieilles voitures, cela rappelle pas mal de souvenirs de voir ces vieilles carrosseries, Alpine Renault, Triumph et d’autres que je n’ai pas reconnues. Nous sommes mardi et coincés ici pour cause de météo défavorable, nous pensons partir jeudi. Pour l’instant ce n’est qu’une pensée. Il faudra confirmer demain. C’est notre dernière étape en France que nous ne reverrons que dans six mois, avec beaucoup de souvenirs.

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ca c'est Bonnie

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abbaye de Baufort

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Saint Quay

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Saint Quay

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port à échouage de Saint QuayDSC02882__R_solution_de_l__cran_

Les beautés du bord

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26 avril 2008

départ

Nous sommes samedi, oh, il n’est pas très tôt, mais ça y est, nous sommes partis. Quelques amis étaient là pour nous larguer la dernière amarre. Nous sommes dans le chenal de sortie de la baie de Lorient, la citadelle de Port-Louis est doublée, le stress du départ commence à s’évacuer. Pierre à la barre, il discute très fort avec Charles, nous sommes en route vers notre grande aventure.

Belle navigation, belle mer, beau soleil, quelle chance, merveilleux. La première étape se termine nous nous amarrons à Sainte Marine, en face de Bénodet et nous attendons Michel à bord de Bonnie. Le voilà qui arrive, bien reconnaissable avec son grand pavillon du Tibet. Il se met à couple. Passait par là un certain Loïc et une certaine Dominique. Intrigués par le pavillon de Michel la conversation s’engage, puis on parle de tout, du voyage, du whisky, une rencontre qu’on qualifiera de rare. Loïc et Dominique des personnes hors du commun, curieux de tout, intéressés par rencontrer des voyageurs de la mer. C’est dans ces moments là qu’on apprécie de faire une escale. Les liens se nouent, la toile se tisse, nous avons de nouveaux amis.

Et puis nous repartons après deux ou trois jours. Prochaine escale Camaret. Non je ne ferais pas la plaisanterie douteuse que tout le monde attend. Pat vient nous voir, sympa, surtout pour Pierre. Nous restons deux jours à visiter, et nous prenons conscience de la folie humaine de la dernière guerre. Des bunkers, une bardée de bunkers devenus aujourd’hui inutiles, mais témoins d’un passé qui n’a pas été glorieux pour l’humanité.

Nous faisons route maintenant vers l’Aber Wrac’h et passerons entre l’île de Béniguet et le continent. L’heure du départ a été bien calculée afin d’éviter les courants défavorables. Rencontre inattendue avec un sous-marin, sinistre.

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Posté par dauphinj à 11:46 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 avril 2008

L’équipage de l’équipée, une équipe gagnante

Et pourquoi ne pas présenter l’équipage. Tout d’abord nous parlerons de l’équipage de Delphinéa.

Pierre

Un breton rugueux, cultivé, marin, habitué aux rudesses du climat local et aux contraintes de la mer. Pendant tout le voyage, sa petite Patricia sera à l’attendre impatiemment dans sa maison douillette. Pierre avec sa grande gentillesse et un morceau de sa compétence, m’a vraiment beaucoup aidé dans la préparation de Delphinéa pour ce difficile périple. Nous ne compterons pas les heures que nous avons passées ensemble ou séparément à gratter Delphinéa.

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Charles et Anne

Les Québécois du bord. C’est à cause de Charles que ce voyage se fait. Charles a déjà fait le parcours à bord du Carrick avec ses deux filles. On peut aller voir son site qui est toujours opérationnel :http://minganie.info:80/carrick/. Cela donnera aux curieux, un premier aperçu de ce qui nous attend. Quand il m’a dit vouloir faire partie de l’équipage, cela a été pour moi une grande joie, et m’a apporté un peu de sérénité. Un autre site sur lequel on peut voir ses aventures : http://equipageducarrick.spaces.live.com/?lc=1036

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Edith et Jean

Eux ce sont les fous, des marins d’opérette, qui ont toujours rêvé de mers chaudes et de lagons ensoleillés. Ils se lancent dans cette aventure avec Delphinéa. Delphinéa c’est le membre indispensable de cette expédition quine pourrait pas se faire sans elle. Derrière Delphinéa, on verra 20.000 milles entre la Méditerranée, la mer Ionienne, la mer Egée, les Baléares, les Canaries, Madère, le Portugal.

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Et maintenant Bonnie

Bonnie c’est le deuxième bateau où on trouvera Michel, un fou lui aussi, et Guy. Tous les deux sont des photographes de très haut niveau, cela nous réserve des souvenirs extraordinaires. Il ne m’appartient pas de parler longuement de ce deuxième équipage, mais nous ferons route ensemble. Guy a créé un blog où il retracera aussi nos aventures. Vous pouvez déjà aller le consulter :http://www.voilierguy.canalblog.com/

Posté par dauphinj à 12:23 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 avril 2008

Le bateau

Un sloop quillard en strip-planking de 13 mètres, cockpit central, 2 cabines, 5 couchages, un grand carré. Voiles neuves en hydranet 380. Réservoir d’eau de 600 litres, réservoir de gaz oil de 250 litres + 100 en bidons. Equipement complet :

GPS fixe + GPS portable

Sondeur et loch

Pilote auto sur secteur de barre

VHF fixe + VHF portable

BLU pour réception des cartes météo isobariques

Radar

Eolienne 400W + panneau solaire 135W

Gestionnaire de batteries

6 batteries de 100 Ah réparties en 1+5 en étoile

Répartiteur de charge monté sur l’alternateur

Combinaisons de survie

Harnais + gilets auto gonflables

Frigo, chauffe-eau

Chauffage connecté sur circuit de gaz oil

Gazinière deux feux + four

Moteur 50 CV

Guindeau électrique 1000W avec 50mètres de chaîne + plus de 50mètres de textile

PC pour livre de bord et navigation

groenland

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Posté par dauphinj à 16:34 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

pourquoi

C'était un mardi. Mon ami Charles était arrivé à Lorient à bord de son Carrick, un brise de mer 28. Une formidable équipée, un Papa et ses deux filles. Au cours de son escale un pari stupide que j'ai perdu. L'enjeu était alors d'aller lui rendre visite au Québec !!! Nous étions alors en automne 2004.

Nous sommes maintenant au printemps 2.008, l'eau a coulé sous les ponts, le projet est prêt, Michel à bord de Bonnie, un Dufour 30, nous accompagnera. A son bord nous retrouverons Guy, un ami de Charles que j'avais aussi déjà rencontré dans un autre contexte. Charles et Anne, Guy et Lucie sont arrivés du Québec et prêts à embarquer. Un plaisir de se retrouver, de parler du passé, de l'avenir, de notre croisière qui s'annonce chaleureuse. Charles et Anne font connaissance d’Edith, à moins que ce ne soit l’inverse. Nous attendons maintenant le signal du dieu Eole. Encore quelques préparatifs de dernière minute.

L’équipage, il faut peut-être en parler un peu. Edith, ma compagne préférée, qui jusqu’à présent rêvait plutôt de navigations dans les eaux chaudes, Charles un marin de grande expérience qui a déjà fait ce type de parcours, Anne sa compagne qui malheureusement nous quittera fin mai, Pierre un marin dans l’âme, un breton, qui m’a beaucoup aidé dans la préparation de Delphinéa, mais qui nous quittera peut-être en Islande et moi-même, un marin d’opérette.

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Posté par dauphinj à 12:14 - Commentaires [31] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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